Lualaba : Le village Pierre Muteba victime des affrontements entre groupes de Creuseurs Artisanaux

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Situé à la lisière des remblais de l’entreprise minière COMMUS, le village Pierre Muteba traverse l’une des crises sécuritaires les plus graves de son histoire. Entre affrontements à la machette, pillages et exode de la population, la localité est devenue le théâtre d’une guerre de territoire sans merci entre jeunes creuseurs artisanaux.

Depuis plusieurs jours, le calme habituel de cette localité du Lualaba a laissé place aux cris de guerre et au fracas des armes blanches. En cause, une insécurité galopante alimentée par des bandes de jeunes venus de Tshabula, du quartier « 5 ans » et de Tshipuki, identifiés comme les principaux instigateurs de ces troubles.

Si les apparences laissent croire à une simple délinquance urbaine, le diagnostic du Chef Pierre Muteba est bien plus alarmant. Il s’agit, selon lui, d’une véritable lutte pour le contrôle des sites miniers. Le conflit cristallise les tensions autour des remblais de l’entreprise COMMUS, devenus le nerf d’une guerre fratricide.

Le scénario est quasi quotidien : dès que des jeunes arrivent pour travailler sur les remblais, la tension monte. Les jeunes de Tshabula et du quartier « 5 ans » s’approprient les sites, interdisant l’accès à ceux de Kapepa et de Tshizura.

Ces derniers, privés de leur gagne-pain et poussés à bout, finissent par basculer dans la violence pour se défendre.Les autorités coutumières prises pour ciblesDans ce chaos, plus personne n’est à l’abri. Pas même l’autorité coutumière.

Le Chef Pierre Muteba a témoigné avoir été personnellement visé lors d’une récente incursion. Sa jeep a été la cible de jets de pierres lors d’affrontements déclenchés par les jeunes de TshabulaPlusieurs habitations ont été vandalisées et pillées de fond en comble. Pris de panique, de nombreux villageois ont dû abandonner leurs biens et fuir vers des zones plus sûres, laissant derrière eux un village fantôme.

Face à l’escalade de la violence, le Chef Pierre Muteba ne se contente plus de dénoncer ; il exige des actions concrètes pour restaurer l’autorité de l’État.

Pour lui, la solution passe par une implication directe de l’opérateur minier voisin.« Il est temps que la société COMMUS sécurise ses remblais en construisant une clôture pour mettre définitivement fin à ces tensions », prévient-il. Cette mesure est perçue comme l’unique moyen de délimiter clairement les zones d’accès et d’empêcher les incursions sauvages qui servent de prétexte aux affrontements.

En attendant une réaction des autorités provinciales et de l’entreprise minière, le village Pierre Muteba retient son souffle, craignant que chaque nouvelle journée ne soit plus sanglante que la précédente

Wangu Infos
Author: Wangu Infos

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